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Nous travaillons sur une biographie plus complète de Gian Paolo Borghetti, mais pour l'instant vous pouvez en lire une brève sur

Wikipedia: Gian Paolo Borghetti

... plus quelques petites mais significatives épisodes de la vie de Borgetti qui ne sont pas dans l'article de Wikipedia :


Les « mai »

C'était une vieille tradition d'utiliser une arbre de mai pour célébrer divers événements spéciaux, entre autres des victoires électorales. Selon Wikipedia:
En Corrèze, mais aussi en Dordogne, dans le Lot, dans le Limousin ou le Val d’Aoste, la coutume de planter un arbre de mai en l’honneur des élus locaux est très vivace. Les hommes vont chercher l’arbre dans la forêt. Puis on le décore de drapeaux, rubans, d’une pancarte portant l’inscription « Honneur à notre élu(e) ». Puis on dresse l’arbre devant la maison de l’élu qui, en remerciement doit régaler généreusement ses électeurs.
Aussi en Corse il était d'usage, après une victoire électorale, que les amis de l'élu lui apportaient, de chaque commune, un « mai » qu'ils élèvaient autour de sa demeure familiale. Cette tradition devait d'autant plus être observée en 1848 parce que la tradition des arbres de la liberté, née dans la Révolution française de 1789, a été restaurée suivante celle de 1848.

Innovant avec le passé, Borghetti a demandé qu'on dresse ces « mais » non autour de sa maison de Talasani, mais du couvent de Pero, alors déjà à l'état de ruine pour avoir été incendié en 1800 par des soldats français à la suite de la révolte de la Crocetta. Cet endroit devait être d'une grande importance symbolique, la révolte de la Crocetta ayant été le dernier épisode, en cette partie de la Corse, des guerres pour l'indépendance.

Cet épisode a été rapporté dans le Petit Bastiais du 2 avril 1958, qui explique:
Nous tenons ces détails de quelqu'un qui, né en 1837, et donc agé de onze ans, dut, à l'exigence de ses amis, faire le trajet de son village au chef lieu du canton à califourchon sur le « mai » de sa commune où sa famille, parente de Borghetti, avait contribué de tout son pouvoir au succès de celui-ci. De mémoire de vieillard, disait il, jamais explosion de joie populaire ne fut comparable à celle qui s'offrit, en cette occasion, à ses yeux d'enfant.[8]

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'A Lamartine'

Dès qu'il a lu son Histoire des Girondins, une oeuvre publiée en 1847, très orientée vers le Romantisme et la Révolution, Borghetti est un grand admirateur de d'Alphonse de Lamartine. En plus d'une philosophie politique républicaine, ils partagent le même esprit poétique et romantique. En 1848 il lui dédie un canto lirico, que Lamartine a suffisament apprecié pour remercier l'auteur avec les mots suivants:

« Monsieur, jamais la langue italienne n’avait renfermé mon nom dans de si beaux vers, ni élevé sur des strophes si ailées l’humble renommée d’un Poète. Il me serait impossible de ne pas vous le dire malgré la multiplicité de mes occupations. Mon oreille reste toujours ouverte aux chants lointains de la bienveillance, et le coeur toujours ouvert aussi à l’amitié, la vôtre s’est rendue immortelle dans ma mémoire. » [6]

Vous pouvez trouver le texte complet du poème A Lamartine (en italien) ici.

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Rencontre avec Garibaldi

Borghetti a toujours été un grand partisan de l'unification italienne, et a composé le texte d'une des nombreuses versions du chant patriotique Camicia rossa garibaldina. Dans ses Ricordi, ses mémoires malheureusement inachevées et inédites, il raconte comment le 21 décembre 1862, vers dix heures du matin, le vapeur Sardegna qui faisait la liaison Livourne-Porto Torres trouve refuge dans le port de Bastia à cause d'une tempête. Le « héros des deux-mondes » Giuseppe Garibaldi est à bord du navire. Afin de ne pas heurter les autorités françaises il ne veut pas mettre pied à terre, mais souhaite quand même saluer l’auteur de Camicia rossa garibaldina. Gian Paolo Borghetti rapporte comment il fut prévenu par Ferdinando Lombardi, agent de la « Rubattina », et alla rencontrer Garibaldi à bord du navire. Il révèle ensuite l’entretien qui se déroule:

« Cosa c’è di nuovo in questa benedetta Isola? Cosa vi fanno i francesi? » Ecco le ironie della storia! Nizza mia patria diletta è ora francese e la Corsica, sorella italiana purissima, non guarda più a Roma ma bensì a Parigi. Credete voi, Borghetti, che l’Italia possa non rispondere alla voce del dovere e del sacrificio e non dare un aiuto fraterno a tutte le terre italiane oppresse dallo straniero? I francesi che furono e saranno sempre i nostri peggiori nemici ci hanno fatto pagare molto caro... la commedia di Villafranca! Ma non sarà sempre così e verrà il giorno in cui saremo costretti a scendere nuovamente in campo per restituire alla Corsica il suo volto italiano. Voi, Borghetti, la pensate come me! » [3] Quoi de neuf dans cette île bénie ? Que font les français ? Voilà les ironies de l’histoire ! Nice ma patrie bien-aimée est française à présent, et la Corse, sœur italienne très pure, ne regarde plus vers Rome mais plutôt vers Paris. Croyez-vous, Borghetti, que l’Italie puisse ne pas répondre à la voix du devoir et du sacrifice et ne pas apporter une aide fraternelle à toutes les terres italiennes opprimées par l’étranger ? Les français qui furent et seront toujours nos pires ennemis nous ont fait payer très cher… la comédie de Villafranca ! Mais ça ne sera pas toujours ainsi et le jour viendra où nous serons obligés de descendre à nouveau dans la rue pour rendre à la Corse son visage italien. Vous, Borghetti, vous pensez comme moi !

traduction: Chantal André
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Nécrologie de Borghetti dans le Bastia-Journal

Après sa mort, le Bastia-Journal daté du 16 novembre 1897 lui rend hommage en ces termes:

« [...] Borghetti était un des esprits les plus distingués de notre époque. Peu d'hommes en Corse possédaient ses vastes connaissances, son érudition qui était immense. Il avait tout lu et il avait tout retenu. Histoire, littérature, philosophie, tout lui était familier, et il parlait de tout avec un charme exquis. C'était plaisir vraiment que de l’entendre, de l'écouter quand, faisant appel à ses souvenirs qui lui revenaient sans effort, il racontait les évènements auxquels il avait participé ou assisté.
    Personne ne connaissait mieux que lui l’histoire politique de notre pays depuis 1830. Il avait vu de près tous les hommes qui avaient évolué sur la scène et il parlait d'eux et de leurs actes avec cette sûreté de jugement, qui était la caractéristique de son esprit, indulgent pour ceux qui n'avaient été que faibles ; sévère, impitoyable pour les traîtres et les laches. [...] nul n'a tenu une plus grande place que lui dans la presse de notre pays. Il a collaboré à tous les grands journeaux qui ont paru en Corse de 1848 à 1885. [...]
    On peut dire que personne, en Corse, n’a contribué plus que Borghetti à vulgariser l'idée républicaine. Et cet homme, tout de dévouement, n’obtint pour toute récompense qu’une misérable place insuffisante pour assurer le pain de ses vieux jours.
    Et, chose inouie, épouvantable, on eut le triste courage de la lui enlever, il y a 3 ans à peine, au nom de la République, sans avoir pitié ni de son âge ni de ses enfants, qu’on réduisait ainsi à la plus grande misère. O politique, que des vilénies et que de crimes on commet en ton nom!...
[...] ».[12]
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